FICHES TECHNIQUES :
l'approche scientifique

 

Comprendre le paysage
Les points suivants donnent les grandes pistes pour analyser un paysage de façon rationnelle.
Eau
Sa présence détermine souvent l’établissement d’un village ou d’une ville ainsi que la plupart des zones cultivées.
Quelques exemples de relation à l’eau :
* Lacs, étangs, mares
En bord des étangs d’eau douce, le roseau commun constitue souvent de larges ceintures de roselières.
* Les rivières permanentes ou les cours d’eau temporaires sont accompagnés d’une forêt de berge (ripisylve).
* Sources
Dans notre région, elles sont fréquemment situées à la zone de contact entre calcaires (fissurés, perméables “en grand”) et marnes ou argiles, imperméables.

La ripisylve, composée de peupliers, frênes, saules… contraste nettement avec la végétation environnante.

 

Relief, géologie
Tenter de comprendre les éléments de relief les plus marquants, l’allure du paysage en fonction de la géologie.
* Opposition entre sommets et fonds de vallée, gorges, dolines...
* Les parties les plus érodées sont généralement les plus meubles (argiles, marnes), tandis que les zones plus résistantes à l’érosion sont plus saillantes.
* Failles, plis...
* Nature de la roche et de la végétation : châtaigniers et chênes liège sur sol siliceux uniquement, arbousiers sur sols siliceux ou calcaires décalcifiés...

Facteurs climatiques locaux
Intégrés au climat régional, les facteurs climatiques locaux ainsi que les micro-climats revêtent une importance notable.
* Oppositions de versant : l’Ubac, au Nord, est plus sombre, plus frais, plus humide que l’Adret, exposé au Sud. On observe souvent des différences de végétation liées à cet état de faits.
* Vent et aspect de la végétation (souvent rase, arbres à port “en drapeau”), moulins, éoliennes.
* Etagement altitudinal de la végétation en fonction de la température, parfois nettement visible sur les versants en zone de montagne (Pyrénées-Orientales, Mont Aigoual...).

Facteurs d’origine anthropique
Les milieux réellement naturels n’existent quasiment pas en Europe. Les paysages sont le fruit d’une histoire où l’homme a laissé sa trace, aisément repérable à l’aide de quelques indices.

• Pâturage et pastoralisme
Les garrigues et les causses portent l’empreinte de siècles de pastoralisme : pelouses à graminées (Brachypode rameux) accompagnées de plantes refusées par les moutons, épineuses, toxiques ou astringentes (Euphorbe, Buis, chardons, Cade).
Dans les zones de montagne, l’élevage, surtout bovin, continue de modeler les paysages actuels.



• Exploitation du bois

L’exploitation des forêts peut sembler anecdotique pour la majorité des espaces régionaux. En réalité, c’est une exploitation intense depuis des millénaires qui a abouti aux paysages de garrigues et autres milieux “ouverts“. L’abandon de cette exploitation par les populations rurales (“désertification“ des campagnes) entraîne aujourd’hui une très forte recrudescence des milieux forestiers.
* Plantations plus ou moins récentes : résineux, feuillus ?
* Bois de chênes verts anciennement exploités en taillis pour alimenter les fours à chaux, verreries et autres manufactures, gros consommateurs de charbon de bois.

• Cultures
La place des cultures (choix des terres emblavées, surface utilisée) est un élément déterminant qui résulte de choix de société allant du contexte local à l’échelon international.
* Cultures en sec, cultures irriguées, cultures sous serre
* Grandes cultures : céréales, oléagineux
* Vergers : arboriculture fruitière
* Maraîchage
* Vignes...

• Constructions et aménagements divers
L’analyse des constructions humaines est riche d’enseignements. Les relations entre les constructions et le milieu physique doivent être étudiées en tenant compte également des facteurs économiques. Ils jouent en effet un rôle majeur dans le développement ou l’abandon de telle ou telle zone, de tel ou tel réseau (voies de circulation, énergie...).
* Villes et villages
* Habitat dispersé : mas anciens, villas
* Voies de circulation
* Murets, terrasses, capitelles
* Moulins à vent et à eau
* Canaux d’irrigation et retenues
* Barrages hydroélectriques


• Incendies et éléments associés
Le feu, traditionnellement utilisé pour l’écobuage, la reconstitution des pâtures, est de nos jours essentiellement subi. Qu’ils soient criminels ou accidentels, les incendies marquent le paysage.
* Zones calcinées récentes
* Brousses à Chêne kermès se formant quelques années après un incendie, parsemées de “squelettes“ d’arbres restés en place
* Pistes D.F.C.I. (Défense de Forêts Contre les Incendies), coupe-feux, citernes...

• Carrières et mines
Ces activités ont soutenu naguère une économie importante dans les bassins miniers. Aujourd’hui, les gravières et les carrières sont les principaux représentants de ce secteur.
* Mines de charbon (anciens puits, terrils, “décou- vertes“...)
* Exploitation de bauxite, uranium et autres minerais
* Carrières pour la pierre de taille, les matériaux utilisés dans les travaux de voirie
* Gravières exploitant les sédiments fluviatiles.

• Toponymie
Les noms de lieux révèlent leur identité, ancienne ou actuelle : les Quatre chemins, les Sagnes (nom du Roseau commun -> marais), la Fage (bois de hêtre Fagus sylvatica), la Vaunage (de Vallis anagia, la Vallée noyée)...

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