Des jeunes et des métiers pour l'environnement

Bulletin du Réseau TEE (Territoires Environnement Emplois) Languedoc-Roussillon
N°6, juin 2003

La pérennisation des emplois

Pour les emplois des associations (320 postes en Languedoc-Roussillon), la pérennisation s'appuie sur deux piliers :
- la marchandisation des activités proposées, c'est-à-dire la possibilité de faire payer, soit par le biais de conventions avec des Collectivités Publiques, soit par facturation directe auprès des demandeurs, les services rendus. Encore faut-il pour cela que les prestations correspondent à une réelle demande sociale, soient réalisées avec une qualité professionnelle irréprochable et puissent, rapidement, être payées à un tarif correspondant aux coûts véritables (une journée de travail "facturable" doit être rémunérée, selon les activités, entre 200 et 300 euros pour permettre de payer des salaires correspondant aux différentes conventions collectives en vigueur dans les métiers de l'environnement).
Les métiers de l'éducation à l'environnement, de l'entretien des espaces naturels, de la récolte et du traitement de données scientifiques sont totalement concernés par ce type de démarche.
Beaucoup d'associations ont réfléchi dans ce sens et les aides complémentaires qu'elles ont pu demander et recevoir sur les postes (Epargne Consolidée, Convention Pluri-Annuelle) doivent leur permettre d'approcher, petit à petit, des objectifs économiques (entre 25 000 et 35 000 euros de recettes globales par an et par poste) nécessaires.
- l'accompagnement financier d'un certain nombre d'activités non marchandes, par les Pouvoirs Publics responsables de ces domaines. Il est évident que certaines associations réalisent des missions de type "service public" qu'on ne peut pas imaginer faire basculer dans le domaine marchand. La gestion des espaces remarquables et notamment protégés, la mise en place de projets de protection de la nature, l'animation de programmes de développement local centrés sur la qualité de l'environnement sont quelques exemples de contenus de ces postes où des aides publiques sont indispensables.
La vision globale du monde des associations de l'environnement en Languedoc-Roussillon, et en particulier les préoccupations concernant l'avenir des postes, de leurs salariés, oblige à imaginer d'autres organisations. Pour les institutions publiques, partenaires obligatoires des associations, celles-ci sont peu identifiables. Il y a beaucoup de petites associations qui font, sur les mêmes territoires, des activités analogues. Cette dispersion du monde associatif augmente les coûts globaux de gestion (chacune doit faire ses feuilles de paie, trouver des locaux, acheter du matériel informatique, imaginer des techniques pour se faire connaître, etc), oblige chacun à se spécialiser dans des domaines très précis qui ne constituent pas des pôles de projets suffisamment pertinents, brouille la lisibilité du Qui fait Quoi ?, entraîne en retour la dispersion des aides des collectivités locales, et parfois même aboutit à des phénomènes de concurrence.
Il semble donc utile, et la pérennisation des postes emplois-jeunes peut en être l'occasion, de réfléchir aux regroupements des forces pour faire des économies d'échelle, pour répondre à des besoins plus larges en matière de travaux en environnement (espérer vivre de l'éducation en environnement en zone de montagne est une illusion. Pourquoi ne pas mettre en place des équipes plus interdisciplinaires, faisant de l'animation en été et des activités de gestion des espaces en hiver ?), pour être des partenaires plus reconnus sur chacun des territoires.

Pour les emplois des Collectivités Locales et des Syndicats Intercommunaux (1300 postes en Languedoc-Roussillon), la pérennisation des postes dépend de 3 familles de conditions :
- la reconnaissance, par ceux qui bénéficient des services (habitants, touristes, associations de quartiers,) de la qualité des services rendus. Et donc, la promotion de ces activités, la réalisation de comptes-rendus, d'articles, de bilans,...
- la mobilisation, par les Collectivités Locales, des ressources financières nécessaires pour ces nouveaux emplois (et notamment d'imaginer si certaines recettes comme la taxe de séjour ou la taxe sur les panneaux publicitaires, taxes dont la finalité est de financer des opérations de maintien du cadre de vie, ne peut pas être utilisée pour ces postes).
On peut noter, à ce propos, que bien des grandes lignes financières disponibles (mais difficiles d'accès) pour des projets environnementaux (Contrat de Plan Etat/Région, Fonds Structurels Européens) sont peu sollicitées et qu'il y a là des sommes d'argent dont l'utilisation, plus ou moins directement, a des répercussions sur l'emploi.
- la réflexion plus globale sur les missions véritables en environnement de ces Collectivités Locales. On peut ainsi réfléchir, comme pour le monde associatif, au regroupement des forces pour un projet commun où les frontières administratives ne sont pas pertinentes (groupement d'employeurs sur le bassin versant d'une rivière pour gérer l'ensemble des emplois qui interviennent sur cette rivière).
On peut aussi se poser la question de savoir si certaines missions nouvelles, prises en charge par les emplois-jeunes des communes ou de leurs regroupements, ne seraient pas mieux réalisées par des entreprises spécialisées, associatives ou coopératives, garantissant une qualité de service et pouvant trouver, dans la demande privée, des compléments de travail nécessaires au maintien des emplois.
Dans le domaine de l'entretien des espaces ruraux, la complémentarité demande publique (nettoyage des espaces verts, petites constructions, pose de mobilier, enlèvement des décharges sauvages, entretien des terrains communaux,..) /demande privée (entretien des espaces d'hôtellerie de plein air, taille de la vigne ou des arbres fruitiers,..) laisse supposer que des entreprises (réalisées par et recrutant des actuels emplois-jeunes) pourraient satisfaire ces besoins variés aujourd'hui peu servis par manque de qualification et de main d'uvre d'un côté (la demande privée) ou par manque de moyens durables (à la fin des aides de l'Etat pour les postes emplois-jeunes) d'autre part (les collectivités).

Jean-Paul Salasse, Coordonnateur régional du réseau TEE L-R

Quand on observe avec un peu de
précision comment les postes emplois-jeunes vont pouvoir se pérenniser, le
secteur environnement montre un dynamisme réel qui permet d'envisager, mieux que dans d'autres secteurs, un avenir pour un bon nombre de postes.
Certes, il reste des difficultés à surmonter. Il reste surtout des idées à trouver, des projets à nourrir, des initiatives à prendre pour l'ensemble des acteurs du système.

 

 

 

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Les opérations d'entretien des espaces naturels et ruraux, combien ça coûte ?

Le réseau TEE souhaite connaître des évaluations de coûts d'un certain nombre de travaux types.
En effet, on ne dispose, à l'heure actuelle, que de peu de données sur l'entretien des ripisylves, le débroussaillage manuel des haies, le nettoyage d'un kilomètre de plage, la surveillance estivale d'un site de 20 hectares, Or ces données sont importantes pour définir des ordres de grandeur des enveloppes financières qu'il faudra dégager pour continuer à réaliser ces missions quand les aides à l'emploi auront disparu.

Si donc, vous avez des données personnelles, même partielles, sur des travaux de ce type que vous avez ou avez fait réaliser, le réseau TEE sera heureux de les recevoir pour alimenter un petit document de synthèse sur ce sujet. Si vous avez réalisé un chantier et que vous avez mesuré le temps de travail qui a été nécessaire, le matériel utilisé, les frais annexes (carburant, sacs, secrétariat,...), n'hésitez pas à nous adresser vos chiffres ou à nous contacter pour échanger plus longuement sur ce sujet.

 

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