Une endurance physique proverbiale
"De petite taille et d'aspect malingre,
il était cependant infatigable : quand il s'agissait par
exemple d'évaluer des distances, il parlait en différence
d'altitude sans avoir égard à la longueur du chemin.
[...] Nous considérions avec stupéfaction ses énormes
souliers ferrés qui étaient en disproportion avec
sa frêle personne, mais qui constituaient à nos yeux
des bottes de sept lieues..."
(Souvenirs de Georges Meslin (1862 - 1918), professeur de Physique
à Montpellier.)

Charles Flahault portant sa fille
sur ses épaules
Photo : Collection universitaire Montpellier II

Carte extraite d'un cours manuscrit
de C. Flahault 1890 -1891
Courtoisie : Jean-Marie Emberger
Un marcheur homérique
Il vient à l'Aigoual dès que
la saison le permet, du mercredi au dimanche, parfois même
à pied.
Il a groupé ses cours du lundi au mercredi midi. Il prend
la route aussitôt après, dort à l'auberge
de St Martin de Londres, en repart à l'aube et parvient
le soir même à l'Hort de Dieu. Il a marché,
en tout, pendant plus de 15 heures pour parcourir environ 75 km
sur un dénivelé de 1 500 m ! Et il a herborisé
!
(Rapporté par Georges Valdeyron, professeur honoraire
à l'Ecole Nationale Supérieure d'Agronomie.)
Un jardinier infatigable et une pêche aux honneurs miraculeuse pour un homme qui n'a jamais fait antichambre... qu'aux champs !
A 62 ans, à la veille de la Grande Guerre, il cumulait les plus grandes distinctions nationales (Institut, Légion d'Honneur et divers prix) et surtout internationales (Docteur Honoris Causa d'Uppsala et de Genève, Présidence de l'Association Internationale des botanistes, etc.).
Rien ne manquait à sa gloire. Et pourtant il affrontait les tourmentes de l'Aigoual, il aménageait un jardin grand comme vingt terrains de football, il gravait et plaçait les étiquettes lui-même et payait de ses deniers l'aménagement du chalet de l'Hort de Dieu...
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La Serrereyde, dimanche 30 octobre 1904 Toute cettte semaine j'ai été bien occupé, obligé de partir bien avant le jour pour ne rentrer que bien tard. J'ai travaillé à te faire un grand et beau jardin dans un bel endroit qu'on appelle l'Hort de Dieu, c'est à dire le jardin du bon Dieu. Il est très haut perché, au dessous de l'observatoire où tu as été quelquefois. J'y ai déjà fait un pont pour passer au dessus d'une cascade, des passages en pierre pour traverser des ruisseaux, des rocailles avec des grandes pierres pour cultiver des plantes de rochers. Depuis trois jours, je me suis beaucoup occupé de faire une petite montagne au sommet de laquelle il y aura un cercle d'arbes formant berceau de verdure. |
Extrait d'une lettre de C. Flahault à sa fille.
Extrait d'une lettre de C. Flahault à sa
mère, le 15 avril 1904.
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Nous avons eu hier votre lettre de dimanche. Tout va bien nous en sommes heureux et vous en remercions. Je pense beaucoup à vous à la montagne, j'y ai retrouvé poussant déjà le Corydalis jaune, enlevé à votre jardinet et qui me sera un fidèle souvenir de Bailleul. J'ai planté, avec l'aide de trois bons ouvriers, 1682 arbres, dans les trous préparés d'avance. Le Jardin de l'Hort de Dieu est si grand que cela se voit à peine. Tout cela m'intéresse fort, comme votre petit jardin vous intéresse. |
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