Des jeunes et des métiers pour l'environnement

Bulletin du Réseau TEE (Territoires Environnement Emplois) Languedoc-Roussillon
N°5, novembre 2002

Cette question est cruciale dès qu'on s'interroge sur le devenir des métiers liés à l'environnement. Pourront-ils ou non se développer en nombre et en qualité ?

Les exemples sont nombreux :
Le nettoyage des bords de ruisseaux ou le débroussaillage autour des habitations dans les zones à risques en matière d'incendie sont réalisés par les communes alors que les propriétaires devraient assurer ces tâches comme la loi le leur impose. Certes, les risques sont tels, l'urgence est si forte que les collectivités interviennent quand même.et c'est bien.
Le nettoyage des plages doit-il être fait par des employés communaux ou par des équipes spécialisées qui passent des contrats avec les communes (et demain avec les Communautés de communes) ? L'entretien des sentiers de randonnée est-il du ressort des communes, des syndicats intercommunaux, des associations de randonneurs ? Pour tout ce qui est entretien et gestion des espaces naturels, faut-il un (ou plusieurs) poste(s) par commune ou faut-il mettre en place des équipes intercommunales, mieux équipées, plus performantes, capables de planifier le travail en fonction des saisons ?

L'observation des 1650 postes emplois-jeunes en environnement du Languedoc-Roussillon montre que les mêmes opérations sont gérées, selon les territoires, de manière variée et qu'il y a probablement urgence à analyser plus finement ces questions pour faire profiter les uns et les autres des expériences les plus réussies. Certains secteurs, comme celui de la collecte et du traitement des déchets ménagers, sont bien organisés ; mais d'autres sont de véritables "friches institutionnelles". On note d'ailleurs que ce sont les secteurs où sont prélevées des recettes fiscales et parafiscales et où la maîtrise d'ouvrage est organisée que le développement de l'emploi et la préservation de l'environnement sont le mieux maîtrisés.

La double question de la maîtrise d'ouvrage (à qui est la responsabilité de tel ou tel projet ?) et le maîtrise d'uvre (qui va techniquement faire le travail ?) se pose dans beaucoup de domaines liés à l'environnement, notamment en milieu rural et sur les métiers qui ont été développés ou créés grâce au dispositif Nouveaux Services /Emplois-jeunes : entretien et surveillance des espaces, éducation à l'environnement, entretien et restauration du petit patrimoine rural,

Ce manque de lisibilité se cumule avec une absence quasi totale d'organisation économique et financière. Comment faire en sorte que ces activités se dotent d'un véritable dispositif d'évaluation de l'utilité sociale et d'un véritable financement. Aujourd'hui, 50% seulement des postes créés par les associations (qui représentent 20% de l'ensemble des 1650) ont trouvé une dimension économique suffisante (conventions avec les pouvoirs publics, facturation des prestations) pour envisager sereinement l'avenir.
Si la question est différente pour les collectivités locales, il n'en demeure pas moins qu'il est nécessaire :
- de mesurer en quoi les emplois sont créateurs de richesses (ou d'économies par exemple dans le domaine du tri sélectif des déchets ou de la lutte contre les risques naturels ou industriels),
- d'imaginer comment on peut affecter des recettes fiscales à ces activités,
- de trouver la bonne échelle pour monter des projets où les financements existent (dans les fonds structurels européens par exemple).

Ce sont autant de pistes qu'il nous faut, collectivement, engager.
Le réseau Territoires Environnement Emplois y mettra toute son énergie.

Jean-Paul Salasse animateur du réseau TEE Languedoc-Roussillon

Qui fait quoi sur le terrain ?

 

 

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