| La pérennisation des
emplois |
Pour les emplois des associations
(320 postes en Languedoc-Roussillon), la pérennisation
s'appuie sur deux piliers :
- la marchandisation des activités proposées,
c'est-à-dire la possibilité de faire payer, soit
par le biais de conventions avec des Collectivités Publiques,
soit par facturation directe auprès des demandeurs, les
services rendus. Encore faut-il pour cela que les prestations
correspondent à une réelle demande sociale, soient
réalisées avec une qualité professionnelle
irréprochable et puissent, rapidement, être payées
à un tarif correspondant aux coûts véritables
(une journée de travail "facturable" doit être
rémunérée, selon les activités, entre
200 et 300 euros pour permettre de payer des salaires correspondant
aux différentes conventions collectives en vigueur dans
les métiers de l'environnement).
Les métiers de l'éducation à l'environnement,
de l'entretien des espaces naturels, de la récolte et
du traitement de données scientifiques sont totalement
concernés par ce type de démarche.
Beaucoup d'associations ont réfléchi dans ce sens
et les aides complémentaires qu'elles ont pu demander
et recevoir sur les postes (Epargne Consolidée, Convention
Pluri-Annuelle) doivent leur permettre d'approcher, petit à
petit, des objectifs économiques (entre 25 000 et 35 000
euros de recettes globales par an et par poste) nécessaires.
- l'accompagnement financier d'un certain nombre d'activités
non marchandes, par les Pouvoirs Publics responsables de
ces domaines. Il est évident que certaines associations
réalisent des missions de type "service public"
qu'on ne peut pas imaginer faire basculer dans le domaine marchand.
La gestion des espaces remarquables et notamment protégés,
la mise en place de projets de protection de la nature, l'animation
de programmes de développement local centrés sur
la qualité de l'environnement sont quelques exemples de
contenus de ces postes où des aides publiques sont indispensables.
La vision globale du monde des associations de l'environnement
en Languedoc-Roussillon, et en particulier les préoccupations
concernant l'avenir des postes, de leurs salariés, oblige
à imaginer d'autres organisations. Pour les institutions
publiques, partenaires obligatoires des associations, celles-ci
sont peu identifiables. Il y a beaucoup de petites associations
qui font, sur les mêmes territoires, des activités
analogues. Cette dispersion du monde associatif augmente les
coûts globaux de gestion (chacune doit faire ses feuilles
de paie, trouver des locaux, acheter du matériel informatique,
imaginer des techniques pour se faire connaître, etc),
oblige chacun à se spécialiser dans des domaines
très précis qui ne constituent pas des pôles
de projets suffisamment pertinents, brouille la lisibilité
du Qui fait Quoi ?, entraîne en retour la dispersion des
aides des collectivités locales, et parfois même
aboutit à des phénomènes de concurrence.
Il semble donc utile, et la pérennisation des postes emplois-jeunes
peut en être l'occasion, de réfléchir aux
regroupements des forces pour faire des économies d'échelle,
pour répondre à des besoins plus larges en matière
de travaux en environnement (espérer vivre de l'éducation
en environnement en zone de montagne est une illusion. Pourquoi
ne pas mettre en place des équipes plus interdisciplinaires,
faisant de l'animation en été et des activités
de gestion des espaces en hiver ?), pour être des partenaires
plus reconnus sur chacun des territoires.
Pour les emplois des Collectivités
Locales et des Syndicats Intercommunaux (1300 postes en Languedoc-Roussillon),
la pérennisation des postes dépend de 3 familles
de conditions :
- la reconnaissance, par ceux qui bénéficient des
services (habitants, touristes, associations de quartiers,) de
la qualité des services rendus. Et donc, la promotion
de ces activités, la réalisation de comptes-rendus,
d'articles, de bilans,...
- la mobilisation, par les Collectivités Locales, des
ressources financières nécessaires pour ces nouveaux
emplois (et notamment d'imaginer si certaines recettes comme
la taxe de séjour ou la taxe sur les panneaux publicitaires,
taxes dont la finalité est de financer des opérations
de maintien du cadre de vie, ne peut pas être utilisée
pour ces postes).
On peut noter, à ce propos, que bien des grandes lignes
financières disponibles (mais difficiles d'accès)
pour des projets environnementaux (Contrat de Plan Etat/Région,
Fonds Structurels Européens) sont peu sollicitées
et qu'il y a là des sommes d'argent dont l'utilisation,
plus ou moins directement, a des répercussions sur l'emploi.
- la réflexion plus globale sur les missions véritables
en environnement de ces Collectivités Locales. On peut
ainsi réfléchir, comme pour le monde associatif,
au regroupement des forces pour un projet commun où les
frontières administratives ne sont pas pertinentes (groupement
d'employeurs sur le bassin versant d'une rivière pour
gérer l'ensemble des emplois qui interviennent sur cette
rivière).
On peut aussi se poser la question de savoir si certaines missions
nouvelles, prises en charge par les emplois-jeunes des communes
ou de leurs regroupements, ne seraient pas mieux réalisées
par des entreprises spécialisées, associatives
ou coopératives, garantissant une qualité de service
et pouvant trouver, dans la demande privée, des compléments
de travail nécessaires au maintien des emplois.
Dans le domaine de l'entretien des espaces ruraux, la complémentarité
demande publique (nettoyage des espaces verts, petites constructions,
pose de mobilier, enlèvement des décharges sauvages,
entretien des terrains communaux,..) /demande privée (entretien
des espaces d'hôtellerie de plein air, taille de la vigne
ou des arbres fruitiers,..) laisse supposer que des entreprises
(réalisées par et recrutant des actuels emplois-jeunes)
pourraient satisfaire ces besoins variés aujourd'hui peu
servis par manque de qualification et de main d'uvre d'un côté
(la demande privée) ou par manque de moyens durables (à
la fin des aides de l'Etat pour les postes emplois-jeunes) d'autre
part (les collectivités).
Jean-Paul Salasse, Coordonnateur régional du réseau TEE
L-R
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Quand on observe avec un peu de
précision comment les postes emplois-jeunes vont pouvoir
se pérenniser, le
secteur environnement montre un dynamisme réel qui permet
d'envisager, mieux que dans d'autres secteurs, un avenir pour
un bon nombre de postes.
Certes, il reste des difficultés à surmonter. Il
reste surtout des idées à trouver, des projets
à nourrir, des initiatives à prendre pour l'ensemble
des acteurs du système.
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Les opérations d'entretien des espaces
naturels et ruraux, combien ça coûte ?
Le réseau TEE souhaite connaître
des évaluations de coûts d'un certain nombre de
travaux types.
En effet, on ne dispose, à l'heure actuelle, que de peu
de données sur l'entretien des ripisylves, le débroussaillage
manuel des haies, le nettoyage d'un kilomètre de plage,
la surveillance estivale d'un site de 20 hectares, Or ces données
sont importantes pour définir des ordres de grandeur des
enveloppes financières qu'il faudra dégager pour
continuer à réaliser ces missions quand les aides
à l'emploi auront disparu.
Si donc, vous avez des données personnelles,
même partielles, sur des travaux de ce type que vous avez
ou avez fait réaliser, le réseau TEE sera heureux
de les recevoir pour alimenter un petit document de synthèse
sur ce sujet. Si vous avez réalisé un chantier
et que vous avez mesuré le temps de travail qui a été
nécessaire, le matériel utilisé, les frais
annexes (carburant, sacs, secrétariat,...), n'hésitez
pas à nous adresser vos chiffres ou à nous contacter
pour échanger plus longuement sur ce sujet.
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