L’aventure d’un grain de raisin
|
Est une action d’éducation viti-culturelle qui utilise la culture de la vigne comme support motivant aux apprentissages. Elle est impulsée par l’Inspection Académique et les Vignerons coopérateurs de l’Hérault. |
L’histoire…
En parcourant l’Hérault, entre plaine, soubergues et coteaux, un océan de vignes nous entoure. Tant au plan paysager, culturel que social et économique, la vigne est omniprésente.
Depuis 1992, le Fédération des Caves Coopératives de l’Hérault (FCCH) organise, avec des caves coopératives, des visites " grand public ", encadrées par des vignerons afin de mettre en valeur le patrimoine, l’environnement des villages viticoles, le savoir-faire, les terroirs et les méthodes de travail de la vigne. Devant le succès de ces " rencontres avec le terroir " et, notamment devant l’intérêt qu’y portent les enfants, rapidement est née l’idée de monter des projets avec les écoles.
Qui ?
Des enfants et des vignerons…
Grâce à une organisation qui s’est affinée depuis 1994, les enseignants, les écoles volontaires du département de l’Hérault ont la possibilité de développer des projets " vigne et vin " avec leurs élèves. Les partenariats locaux (cave coopérative, mairie, associations locales) sont les premiers développés, ils sont ensuite relayés et coordonnés au niveau départemental par la Fédération des Caves Coopératives de l’Hérault, l’Inspection Académique de l’Hérault et les Ecologistes de l’Euzière.
On est passé de 150 enfants en 1994 à plus de 1000 en 1999…
Quand ?
Le projet est développé durant toute une année scolaire, au minimum. Certaines écoles, sont engagées dans l’opération depuis plusieurs années et ont développé des actions remarquables (voir projets en annexe).
Où ?
Voilà enfin un projet riche, original (mais oui !), mobilisateur, qu’on développe sur place. Il n’est pas utile d’aller loin, d’organiser une classe transplantée, pour redécouvrir ses racines. On observe son environnement proche, on écoute les anciens du village, on plante sa vigne, on regarde, on sent, on goûte.
Comment ?
En début d’année scolaire, il suffit aux enseignants de déposer leur demande auprès de leurs inspecteurs, dans le cadre des projets d’écoles ou de classes.
Dans le même temps, les écoles ayant participé à l’opération les années précédentes sont invitées, dès le mois de septembre, à une réunion organisée conjointement par la Fédération des Caves Coopératives et l’Inspection Académique de l’Hérault, afin d’identifier les projets pour l’année.
Parallèlement, la Fédération des Caves Coopératives interpelle chaque cave coopérative des villages concernés afin que puisse être mis en place un travail avec l’école dans le cadre d’une convention (modèle en annexe).
Au cours du premier trimestre, tous ces projets sont finalisés et l’accompagnement organisé par le Comité de pilotage (FCCH, IA34, Ecologistes de l’Euzière) : financements, conventions écoles/caves coopératives, interventions diverses, formation pour les enseignants éventuellement.
La Fédération des Caves Coopératives est plus spécialement chargée de la médiatisation de l’opération. Notamment, intégration des projets dans la plaquette réalisée chaque année pour la fête de la vigne et du vin, début juin.
En octobre/novembre 2000, l’opération sera mentionnée dans la plaquette " Primeurs d’automne " organisée par l’ODAC (Office Départemental de l’Action Culturelle).
Pourquoi ?
Les enjeux de l’école
Les enseignants font le constat initial que les élèves connaissent très mal ce patrimoine " vigne et vin " inscrit pourtant depuis longtemps dans leur histoire locale ou régionale.
Pédagogiquement, cette entrée transdisciplinaire, permet aux enseignants d’aborder sciences, histoire, arts plastiques, éducation civique, sans négliger la maîtrise de la langue, au travers d’activités pleines de sens pour les élèves.
En outre, sur le plan de la santé, c’est une occasion privilégiée d’aborder le problème de l’alcoolisme : on ne boit pas du vin à l’école, mais on va apprendre à développer les différents sens à travers la dégustation de grains de raisin, de jus,… et on va pouvoir parler sereinement des abus de l’alcool. Le futur consommateur verra dans le vin une source de plaisir par la dégustation et non un produit dont on abuse et qui fait du mal.
Les enjeux des vignerons
Les Vignerons Coopérateurs de l’Hérault souhaitent valoriser la culture vigneronne en faisant connaître aux enfants les savoir-faire et les richesses de leurs " racines ". D’autre part, au-delà d’une mémoire, les enfants doivent être conscients de l’importance économique actuelle de la viticulture dans notre région et de la mutation du métier de vigneron liée au développement scientifique, social et économique.
En outre, c’est une occasion de favoriser les relations entre l’école, les vignerons coopérateurs et les habitants du village.
Enfin, par la médiatisation de l’opération, l’image de la culture de la vigne ne peut que s’embellir.
Chronologie de " l’aventure "
|
Année Scol. |
Ecoles engagées |
Nbre d’enf |
Partenariat |
Projets (thématiques développées) |
|
94/95 |
|
150 |
|
|
|
95/96 |
|
300 |
|
|
|
96/97 |
|
300 |
|
|
|
97/98 |
|
543 |
|
|
|
98/99 |
|
585 |
|
|
|
99/00 |
|
1029 |
|
|
Les moyens mis à disposition de l’opération
Financement
De façon exponentielle, des moyens financiers ont été mis à disposition des écoles engagées dans l’opération.
Au titre de l’année scolaire 99/00, outre les financements spécifiques que les écoles ont pu obtenir par recherche autonome,
Formation
Un stage (Groupe Formation Action) initié par l’Inspection Académique en 98/99 a permis à 12 enseignants engagés dans l’opération de monter leurs projets de classes et de mutualiser leurs expériences vers une production à destination de toutes les écoles du département (Site Internet, Fiches pédagogiques, Fiches ressources)
Compétences d’experts divers
Des experts scientifiques ou artistiques ont pu intervenir dans les classes, soit directement auprès des élèves, soit par le biais de la formation des enseignants.
Mise en réseau
L’engagement dans l’opération permet aux écoles d’accéder aux expériences des autres classes, de communiquer, d’échanger, de valoriser collectivement les travaux des élèves.
Conclusion
Le bilan de cette " aventure " dépasse tous les objectifs initialement posés.
Les enseignants, après évaluation dans leurs classes, font, bien sûr, le constat d’acquisition de compétences :
Mais là où les élèves ont dépassé leurs maîtres se situe au niveau de la restitution. Il est, en effet, dans l’ordre des choses que ce soit les adultes qui guident les enfants, les aident à s’approprier leurs connaissances et leurs savoir-faire. Dans la thématique qui nous intéresse, on est obligé de constater que les adultes de l’environnement de nos élèves ont souvent oublié leurs racines ; les enfants, se réappropriant le passé, les ré-éduquent. La construction du savoir fonctionne donc dans les deux sens (adultes/enfants - enfants/adultes ).
S’il fallait retenir une seule leçon de toute cette opération, pour illustrer la longue aventure commune, ce serait celle des enfants de l’école de Neffiès qui viennent de construire une véritable capitelle, dans les règles de l’art du vigneron d’autrefois. En présentant leur travail à leurs parents, grands-parents, arrière-grands-parents, ils leur ont dit (à travers la poésie de Léone KITTLER) :
Nos capitelles sont belles dans la garrigue parfumée
De genêts et d’asphodèles, sous le soleil doré.
………………………………………………….
Nous leur rendons visite dans leur domaine embaumé
Et nous nous réjouissons de les voir ressusciter.
Alors, malgré le temps qui passe
Sachons les conserver. Et avec les jours enfuis
Dont elles sont le souvenir,
Elles seront l’héritage pour les jours à venir.