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Le Molosse de Cestoni (Tadarida teniotis)

 


Avec ses 30 g environ et ses 42 cm d’envergure, le Molosse de Cestoni est l’une des plus grosses chauves-souris de France et certainement la plus originale de par ses murs et sa morphologie (grandes oreilles rabattues sur un museau de bouledogue, queue massive dépassant la membrane caudale).
C’est un habitant naturel des parois rocheuses où il partage bien souvent les fissures profondes, qui dominent le vide, avec le Martinet alpin. Tous deux présentent d’ailleurs une répartition similaire, à tendance méridionale, mais dont la limite se signale plutôt par l’absence des grands massifs calcaires (les plissements pyrénéo-alpin ont offert bon nombre de falaises à l’image du Pic-Saint-Loup ou de l’Hortus). Il a également su tirer parti des constructions humaines telles que les ponts et les immeubles suffisamment élevés pour permettre son envol. Là, ce sont les joints de dilatations qui ont remplacé les fissures des falaises pour lui servir de gîte. Signalons de plus que les ouvrages d’art où est présent le Molosse accueillent également le Martinet alpin. Coïncidence ?
Tapis au fond de leur fissure le jour, les Molosses s’activent surtout en fin de journée. On peut alors entendre des cris secs et aigus dont la variabilité, imperceptible pour nous, semble traduire des relations sociales élaborées. Ils s’envolent au crépuscule, parfois en compagnie des martinets, pour aller chasser des insectes aériens et de gros papillons nocturnes comme les Sphynx. Le Molosse chasse assez haut avec des trajectoires rectilignes ou circulaires et peut aller assez loin du gîte (plusieurs kilomètres). Ses ailes longues et fines permettent un vol rapide et puissant. La nuit, il signale sa présence par ses cris d’écholocation audibles de loin (tsik-tsik).
Résistant assez bien au froid, le Molosse de Cestoni est capable de sortir l’hiver à condition que la température ne descende pas en dessous de 5°C. De ce fait l’hibernation est de courte durée, voire absente.
L’été, les femelles se rassemblent pour mettre bas un seul petit qui ne sera émancipé qu’à l’automne.

Cette espèce était très mal connue et ses murs le sont encore. Mais aujourd’hui, son habitat étant mieux connu, de nouveaux sites sont découverts et le Molosse de Cestoni semble moins rare qu’on ne le croyait. Cependant l’engouement croissant pour l’escalade et la varappe peut laisser craindre une diminution des effectifs, voire des disparitions de sites à cause du dérangement auquel le Molosse est sensible.

Thierry DISCA (tiré de la Lettre n° 43 des adhérents des Ecologistes de l’Euzière)

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