Le Discoglosse peint
Discoglossus pictus
La famille des Discoglossidés réunit
des espèces qui ressemblent morphologiquement à
des grenouilles, dont elles se distinguent par une peau granuleuse,
une tête plus plate et une pupille en coeur ou en triangle.
Longtemps connu des seules Pyrénées orientales,
le Discoglosse peint s’est récemment déployé
sur le littoral audois, et vient d’être découvert
tout près et dans le département de l’Hérault
: rive droite de l’Aude par T. Disca et Valras par V. Rufray (année
2000). Cela doit nous inciter à rechercher la limite orientale
de son aire de répartition chez nous.
L’espèce semble fréquenter des milieux très
divers ; étangs doux et saumâtres, rochers littoraux,
milieux semi-arides de l’intérieur
Animal discret, car les mâles émettent, à
la période de reproduction, des stridulations de faible
intensité. Comme la ponte, qui débute au printemps,
se prolonge toute l’année, on observe parfois jusqu’à
5-6 pontes annuelles.
Sur le territoire national, la Corse se distingue une nouvelle
fois par un fort endémisme insulaire, puisque vous pouvez
y rencontrer deux autres espèces de plus petite taille
; le Discoglosse sarde Discoglossus sardus, assez commun,
et le Discoglosse corse Discoglossus montalentii, beaucoup
plus rare.
L’Alyte
accoucheur
Alytes obstetricans
Cet autre discoglossidé bien connu, car les mâles transportent les oeufs entre leurs pattes arrière, a été traité par X. Boutolleau dans la Lettre n°44.
(Philippe MARTIN, permanent)
La Rainette méridionale
Hyla meridionalis
C’est probablement l’espèce la plus
connue. Elle se distingue des autres amphibiens par sa coloration
uniformément vert-pomme, parfois brune, voire bleue pour
celles et ceux qui ont eu la chance d’observer un individu dépourvu
de pigments jaunes. Mais le trait le plus caractéristique
des rainettes ce sont les petites pelotes adhésives qu’elles
possèdent au bout des doigts. Cela leur permet de s’agripper
à toute sorte de supports.
Contrairement aux grenouilles vertes, qui restent tout le temps
à l’eau, la rainette n’y vient, en mai -juin, que pour
pondre. Le reste de l’année, elle est volontiers arboricole
et affectionne les ronciers ou les roseaux du littoral. Le jour,
elle se repose de longues heures, posée sur une feuille
ou sur une branche et il est alors assez difficile de la voir.
Elle s’active surtout la nuit pour se nourrir de petits invertébrés
et peut devenir bruyante lorsque les mâles se mettent à
coasser.
En France continentale, il existe une autre espèce, la Rainette verte (Hyla arborea) qui remplace notre rainette en dehors de la zone méditerranéenne (excepté dans le couloir vendéen où les deux espèces cohabitent). Elle se caractérise par la bande noire qui se prolonge sur les flancs et finit en courbure au-dessus de la patte arrière.
Thierry DISCA, permanent
(tiré de la Lettre n° 50 des adhérents des Ecologistes de l’Euzière)
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