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l’Ecologie de la restauration

 

L’impact croissant des activités humaines sur l’environnement ne fait pas de doute, par l’intermédiaire de l’augmentation des perturbations à tous les niveaux : pollutions chimiques, déforestations à grande échelle et peut être le plus important en terme d’impacts la destruction des milieux. Les solutions apportées ont été dans le domaine de la biologie de la conservation et de plus en plus dans celui de l’écologie de la restauration (remarquez la différence de vocabulaires : on parle de biologie pour l’un et d’écologie pour l’autre !). La biologie de la conservation a de fortes bases théoriques et peut se caricaturer par la biologie des populations appliquée à des espèces rares.

De son coté l’écologie de la restauration a une origine beaucoup plus empirique et fut aborder par deux aspects. L’un est celui de la conceptualisation de la part des écologues de terrain (ex : études des successions écologiques) ; l’autre celui de la mise en place d’essais soit scientifique soit plus aléatoire... Les lois mises en place par les gouvernements sont synonymes de « remettre en état la Nature » et ont été les instigatrices de la démarche. Mais au début « remettre en état la Nature » signifiait « mettre du vert » en plantant du gazon anglais par exemple. Cela peut être viable en zone tempérée mais en zone méditerrannéenne, c’est un échec total. Alors il a fallu faire mieux : semer ou planter des végétaux qui résistent. Dans tous les cas, les essais et les échecs furent nombreux. La vision actuelle des choses est d’accélérer la dynamique de succesion écologique c’est-à-dire court-circuiter les premiers stades de recolonisation naturelle. Au lieu d’attendre que les plantes pionnières arrivent sur le site, on apporte massivement une banque de graines, de plantes capables de fixer le sol et de favoriser l’installation de nouvelles plantes caractéristiques des stades supérieurs de végétation (arbustes, arbrisseaux, arbres).

Dans quelles situations s’appliquent ces techniques ?
On pense naturellement aux sites les plus perturbés par les activités humaines, comme les carrières, les déblais miniers, les aménagements routiers et ferroviaires...Dans tous ces lieux, le but est de « cicatriser » l’environnement. On peut citer l’exemple du TGV Méditerrannée : on a semé 300 tonnes de graines sur l’ensemble du parcours car plus on veut planter grand, plus ça coûte cher ! On constate donc que la démarche se limite actuellement à une démarche paysagère avec de fortes contraintes économiques et commerciales.

Comment améliorer cette situation ?
On conçoit bien qu’il faut concilier les savoir-faire de la discipline et la disponibilité dans le commerce des espèces utilisées à la restauration. Il se met en place des entreprises spécialisées dans les espèces de restauration. Cela nécessite une bonne communication entre les différents acteurs et c’est là que le bas blesse. Le transfert des connaissances entre la recherche et les applications sur le terrain est difficile par manque d’une interface. Un exemple. Les déblais issus de l’exploitation des mines sont ultra-concentrés en métaux lourds. Les chercheurs se penchent sur la caractéristique de certaines plantes à accumuler une quantité énorme de métaux lourds (juqu’à 3% de la masse sèche) : plantes hyper accumulatrices en vue de dépolluer ces sols (phytoremédiation : ou en français). Une équipe de l’Institut des Sciences de l’Evolution (ISEM) travaille sur des populations de Thlaspi caerulescens. Malheureusement, cette plante ne fait que quelques centimètres de hauteur et à une biomasse ridiculement faible. Une utilisation sur le terrain paraît inenvisageable. La plupart du temps les recherches menées sur des modèles biologiques ne sont pas considérés en tant qu’applications potentielles. Il apparaît donc urgent de créer une nouvelle discipline à l’interface de la recherche et de l’application afin de mieux gérer les démarches actuelles et de passer à un niveau supérieur : celui de la restauration des écosystèmes naturels (forêts équatoriales humides pour ne citer que celui-ci) Pour aller plus loin

Entretien avec Arnaud MARTIN (CEFE, CNRS)
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