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La lutte biologique : démarche et actions (3)

 

Démarches de la Lutte Biologique (LB) appliquée aux plantes : identifier ; comparer, récolter, tester, lutter sur le terrain

Les étapes de recherche en LB classique sont les suivantes

  • 1) identifier l’aire d’origine de la plante envahissante : bibliographie, visite d’herbiers, consultation de flores, contacts avec botanistes des pays concernés. De plus, une étude des « similitudes climatiques » peut être très utile ; elle vise à étudier les données abiotiques (hygrométrie, températures) de la zone ou la plante prolifère, et de rechercher à travers le globe les zones qui correspondent le mieux à ces données. On obtient une carte sur laquelle on calque la distribution connue de la plante, et on peut alors avoir une indication pour établir les premières missions d’exploration. Toutes ces approches ont pour seul objectif de mieux cerner les zones géographiques les plus adéquats pour rechercher des auxiliaires de LB.

  • 2) On établit une liste d’espèces végétales apparentées avec la plante cible, liste qui est soumise pour approbation à un comité d’experts aux Etats-Unis. Toutes ces espèces végétales seront utilisées ultérieurement pour évaluer la spécificité du ou des auxiliaires sélectionnées (voir 4).
  • 3) C’est l’étape de terrain. Quand la plante est trouvée dans son milieu naturel, on recherche et collecte la faune (insectes, acariens) et les pathogènes (virus, bactéries, et champignons) auxiliaires qui peuvent y être associés ; les insectes sont majoritaires. De nombreuses composantes écologiques sont suivis (impact de l’auxiliaire, nature du sol, association végétale, etc.) afin de mieux comprendre le complexe plante/ennemis naturels.
  • Collecte d’échantillons - 11.9 ko

    Collecte d’échantillons
    Photo René SFORZA

  • 4) Les auxiliaires, une fois ramenés à Montpellier sont soit élevés (insectes, acariens) soit mis en culture (agents pathogènes). Nous disposons de serres de quarantaine dans lesquelles nous introduisons toute le matériel vivant prélevé en dehors de France. Puis on met en place des tests de spécificité, afin d’établir le degré de spécialisation de l’ennemi naturel pour la plante cible, et des plantes apparentées. En effet, plus l’ennemi naturel est spécialiste (on parle de monophagie, voire d’oligophagie), moindre sera le risque lors de l’introduction future pour que l’ennemi naturel aille s’alimenter sur d’autres plantes non-cibles (plantes cultivées, plantes protégées, espèces indigènes). Concrètement on observe le comportement alimentaire des larves et des adultes ainsi que le comportement et les lieux de pontes des femelles ; concernant les pathogènes, on étudie les stades (collet, tige, feuille, graine) d’attaque du pathogène et son impact.

    Culture expérimentale - 20.5 ko

    Culture expérimentale
    Photo René SFORZA
    En parallèle, de ces études de laboratoire, nous mettons en place des expérimentations similaires au champ dans le pays d’origine de l’auxiliaire en collaboration avec des collègues locaux.

  • 5) Ces tests sont répétés sur plusieurs années.

  • 6) si l’auxiliaire remplit les conditions requises (spécificité, impact, peut s’élever), un envoi d’échantillons vers une quarantaine américaine a lieu. Nos collègues vont alors procéder a des tests similaires. Si les résultats confirment ceux effectués en Europe, une «  pétition », c’est-à-dire une demande de lâcher ponctuel en plein champ, est alors soumise aux instances réglementaires, qui statueront au vu des arguments scientifiques et de l’analyse de risque jointe au dossier. Les activités de recherche de l’EBCL s’arrêtent là. Le programme continue d’exister aux Etats-Unis ; en effet, annuellement, l’auxiliaire sera évalué quant à son impact sur la plante cible et à sa capacité d’adaptation au nouvel environnement.

La démarche présentée ici pour un programme de LB reste bien sur schématique, puisque de nombreuses autres études peuvent se greffer, comme par exemple l’évaluation du pouvoir allélopathique, ou le séquençage d’agent pathogènes ou d’espèces d’insectes afin de clarifier le statut taxinomique.

en collaboration avec René SFORZA, ECBL / USDA
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