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L’étang, milieu vivant

 
L’étang de Thau (près du Golfe du Lion, France méditérranéenne)

1. LES ZONES HUMIDES EN BORDURE DE L’ETANG

Les zones limitrophes de l’étang sont soumises à l’action directe de l’ètang, qui, par l’intermédiaire du vent ou des coups de mer, les inonde à certaines époques de l’année. On peut les diviser en trois catégories :
-  les ruisseaux permanents se jetant dans l’ètang,
-  les zones marécageuses d’eau saumâtre,
-  les près salés ou sansouires. Nous allons étudier diverses influences de l’étang sur les milieux vivants et quelques techniques d’investigation qui les mettront en évidence.

1.1 Les ruisseaux

Ils subissent les remontées de l’étang jusqu’à une certaine hauteur de leurs cours. Le sel est un élément limitant pour beaucoup de plantes et favorisant pour d’autres (les halophytes). On peut mettre en relation les niveaux d’eau, la concentration en sel et la présence d’animaux dans l’eau ou de végétaux sur le bord du ruisseau (sur l’Avène par exemple).

Il s’agit de faire des relevés tous les cent mêtres et de noter les paramêtres. A chaque point, on relèvera la présence de toutes les espèces végétales dans un rayon fixe (par exemple 5 m) ou sur une longueur fixe. Pour les animaux, on se servira du troubleau ou du filet à plancton.

On peut noter les points les plus éloignés de l’étang pour différentes concentrations et les mettre en relation avec les plantes et les animaux.

On va remarquer que les plantes halophytes vont décroître en abondance, en remontant le ruisseau alor que les plantes qui tolèrent moine de sel vont apparaître.

1.2. Les marais d’eau douce ou saumâtre

Ils sont alimentés par des ruisseaux (par exemple près de Marseillan) ou par les eaux de pluie quand un niveau imperméable les retient et empêche les remontées en sel (exemple : les Eaux Blanches). Ces secteurs sont caractérisés par des roselières à base de Phragmites et de Massettes. Y poussent les Epilobes aux fleurs roses à quatre pétales, les Salicaires qui amènent une note pourpre, la grande Cigüe aux tiges maculées de rouge vineux. On peut y rencontrer, se frayant un chemin vers la lumière, le Liseron des haies aux grandes fleurs blanches en entonnoirs, à côté de la Guimauve officinale, aux feuilles blanchâtres et dont les fleurs rappellent celles de la Mauve. Ces milieux abritent de nombreuses espèces d’oiseaux, différentes selon les saisons. Au printemps et en été, y résonnent les chants des Rousserolles effarvates et turdoïdes. Toute l’année on peut y voir la Cisticole des joncs au vol ondulé et y entendre le Raie d’eau dont le cri simule celui du porcelet, la Poule d’eau, la Bouscarle de Cetti au chant très sonore et le Busard des roseaux. En hiver, un des hôtes les plus abondants est le Bruant des roseaux, qui mange les graines de Phragmite et trouve des dortoirs pour la nuit.

1.3. Les prés salés ou sansouires

La physionomie de ces milieux est caractérisée par une mosaïque d’èlèments de végétation et de sol nu. La végétation se montre souvent sous forme de buissons en boule ou de touffes de joncs (par exemple la crique de l’Angle à Balaruc ou les salins de Listel). Ce sont des zones basses régulièrement inondées par les eaux de l’étang ou par les eaux de pluie qui les mettent en communication avec des eaux plus salées. La salinité des eaux varie au cours de l’année jusqu’à atteindre des concentrations importantes (50 à 90 g / litre comme ordre de grandeur), ce qui limite les possibilités de vie àquelques plantes à un nombre petit d’animaux. C’est dans de tels milieux que l’homme a installé ses salins.

Quelles sont les conditions qui maintiennent la sansouire ? Quatre facteurs : 1) la nature du sol, 2) l’eau, 3) le sel, 4) la topographie.

1) Les sansouires sont des zones plates ou en faible cuvette dont le sol est argilo-limoneux, très compact, imperméable ou presque. Très facilement inondables, ils retiennent bien l’eau, le drainage y est très mauvais.

2) La présence d’eau pendant des périodes prolongées, signifie avant tout un sol engorgé donc asphyxique (sans oxygène). L’oxygène est un élément important pour la vie de la microflore et de la microfaune qui sont là pour dégrader les matières organiques. Seuls des êtres anaérobies (se passant de l’oxygène) vont y vivre et donner lieu à des réactions de réduction de la matière organique (genèse des couches noirâtres de vase sous la surface du sol). (Cf. les expériences du paragraphe sur l’Oxygène dissous). D’où vient l’eau ?
-  des pluies : apport d’eau douce,
-  de l’étang : apport d’eau salée par submersion ou par nappe phréatique. La qualité de l’eau va nous amener directement au sel.

3) On aura au cours de l’année, une variation de la qualité de l’eau qui sera plutôt douce à la saison des pluies, et qui se salera lorsque l’étang inondera (à n’importe quel moment de l’année sous l’effet du vent) et surtout par l’apport de la nappe phréatique. Celle-ci va remonter au cours de l’été par un phénomène de capillarité lié à l’évaporation. Après les dernières pluies, lorsque le sol sera ressuyé, dans les couches superficielles on va passer d’un milieu faiblement salé à un milieu de plus en plus salé au fur et à mesure que l’on s’éloignera de la saison des pluies (automne, hiver, printemps).

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