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... l’étang, milieu vivant (2)

 
L’étang de Thau (près du Golfe du Lion, France méditérranéenne)

... 1. LES ZONES HUMIDES EN BORDURE DE L’ETANG

... 1.3. Les prés salés ou sansouires

...3) Adaptation des plantes Au début du printemps pourront pousser des plantes qui tolèrent de faibles concentrations en sels. Elles seront amenées à faire leurs cycles rapidement. C’est le cas de la Pâquerette annuelle, ou de l’Hutchinsie, annuelle elle aussi, et des plantes à bulbes comme le Troscart.

Celles-ci profitent de la bonne époque, mais comment vont faire les plantes vivaces, autres que les bulbeuses ? Plus la saison avance et plus le milieu devient salé (ceci a pour corollaire que l’eau du sol est de moins en moins disponible car la pression osmotique augmente) ; donc physiologiquement pour les plantes, il s’assèche. Celles-ci devront à la fois résister à la toxicité du chlorure de sodium et à la sécheresse. Elles vont y répondre par quelques adaptations
-  la crassulescence leur permet de stocker de l’eau disponible pour leur végétation et leur reproduction et évite un transit d’eau (salée) trop important,
-  par des procédés d’ultrafiltration cellulaire, leurs organes végétatifs ou reproducteurs seront dans des solutions faibles en sels,
-  elles fixent le sel puis l’éliminent * dans le cas des Salicornes, il y a desquamation des articles où a été stocké le sel, * dans le cas des Saladelles, il y a excrétion de chlorure de sodium à la face inférieure des feuilles. Ces plantes sont aussi soumises aux embruns qui déposent de l’eau salée brûlant les parties végétatives sitôt qu’il fait sec (c’est le cas des Pins et des Cyprès en bord de mer qui sont roussis). La présence de poils sur quelques espèces limite cette action.

On peut établir les spectres biologiques des espèces végétales par rapport à la crassulescence ou au goût salé. (Attention : toujours bien recracher après avoir goûté et éviter les plantes à suc laiteux, les Euphorbes par exemple irritant les muqueuses et toutes les Ombellifères de type de la Carotte.)

Au lieu de considérer les espèces, on peut prendre les individus sur une surface donnée ou sur une longueur donnée.

On peut comparer ces spectres avec d’autres milieux.

Rôle de la topographie. Il faut distinguer deux types de dénivellés
-  ceux de l’ordre de la dizaine de centimètres. Par exemple une petite butte de terre.
-  ceux de l’ordre du mètre. Par exemple la microdune ou bourrelet au bord de l’étang. La microtopographie : une petite butte qui dépasse de quelques centimètres la zone plate alentour va avoir un rôle écologique important. Si sur cette butte, quelques plantes se sont installées, on va avoir un phénomène de dessalage par rapport au milieu plat et nu autour. Si par contre cette butte se trouve sans végétation, au milieu d’une zone nue ou recouverte de végétation, on aura un phénomène inverse de concentration en sels sur le dénivellé. La macrotopographie : le bourrelet Sa hauteur lui évite la submersion, sa texture plus grossière permet l’infiltration des eaux et limite les remontées capillaires. Ceci a pour conséquence un milieu moins salé et une couche d’accumulation d’eau douce sous le bourrelet (il n’y a pas miscibilité des eaux ayant des concentrations en sels très différentes). Le sommet de la butte sera occupé par des plantes non spécifiques du sel et rudérales (à cause de l’apport de matières organiques : algues, coquilles, bois morts, ...) et le pied du bourrelet permettra à une flore moins tolérante vis-à-vis du sel de se développer (à cause de la couche d’eau douce qui sera disponible). Sur le haut de la butte, on va trouver des végétaux comme l’Anacycle, sorte de Camomille, la Queue de lièvre, petite Graminée soyeuse, les Orties, les Chénopodes, la grande Marguerite jaune (Anthemis coronarium). Puis, en s’éloignant du bourrelet, par ceintures successives vont apparaitre les halophytes.

Tous ces points : texture du sol, présence d’eau, influence du sel, topographie, vont nous permettre d’expliquer la répartition de la végétation. Comment la faire apparaître et ensuite la mesurer ? 1° Observation et analyse de paysage :
-  Définition des groupes composant le paysage :
-  zones d ’eau,
-  sol nu,
-  physionomies végétales,
-  bourrelets et petits reliefs.
-  Description et dessins avec des symboles, puis on observe sur place.
-  On note avec diverses techniques La présence d’eau, de sel, La topographie.
-  On détermine les végétaux (Cf. annexes)
-  et les animaux (Cf. annexes).
-  On essaie d’établir des cartes du paysage à partir de fonds de cartes ou de plans cadastraux.

2° A partir d’une cartographie, on cherche une méthode de relevé qui puisse mettre en relation le paysage (en tant qu ’assemblage de groupes) et divers parametres du milieu. On remarquera que ces composantes du paysage se retrouvent fréquemment en des bandes parallèles. La meilleure technique à utiliser est le transect (si possible, deux transects parallèles permettant d’éliminer - c’est un choix - des taches, dues aux aléas de la dissemination des plantes. On peut en faire plus, ce ne fera qu’apporter des précisions. On saura aussi établir des fréquences de plantes et situer des limites d’extension liées à des concentrations en sels ou à des niveaux d’eau, des reliefs ou des textures de sol.

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