Les fonctions de reproduction
L’étang de Thau n’est pas le lieu de reproduction de toutes les formes vivantes qu’on y observe. Pour beaucoup d’animaux, c’est une zone d’abri ou d’alimentation uniquement. C’est le cas de nombreux oiseaux (Mouettes, Flamants, Grèbes, Cormorans,...), de certains invertébrés (Méduses) et de beaucoup de poissons (toutes les espèces migratrices notamment)
Ainsi, seuls parmi les poissons, les Gobies, les Blennies et les Syngnathes se reproduisent régulièrement dans l’étang. Pour les autres espèces, l’étang est un lieu de grossissement. Elles pondent en mer et entrent dans l’étang chaque année pendant la belle saison (Daurades, Muges, ...) ou bien, au stade de jeune animal, elles y attendent plusieurs années parfois, leur maturité sexuelle (Anguilles).
La reproduction des animaux dans les milieux aquatiques, (et en particulier dans des eaux salées comme c’est le cas à Thau) est bien différente de ce qu’elle est en milieu terrestre. Elle offre de plus une beaucoup plus grande diversité. Il faut noter tout d’abord que la reproduction dans l’étang n’est pas forcément un phénomène cyclique. Le déclenchement de la reproduction est provoqué souvent par des changements physiques ou chimiques du milieu. Ainsi le réchauffement des eaux au printemps entraîne la reproduction de nombreuses espèces (Crevettes, Crabes, Mollusques,...). De la même manière, des variations de salinité peuvent déclencher l’activité sexuelle des Huîtres ou des Moules qui, ainsi, peuvent se reproduire presque toute l’année.
Deux ou plusieurs phases de reproduction peuvent ainsi avoir lieu dans la même "année civile" chez de nombreux animaux. * La deuxième caractéristique est le grand nombre de "produits reproducteurs" élaborés (oeufs, méduses, prolarves,...) et la faible taille de ceux-ci. Entre deux animaux de même taille, un terrestre et un d’eau salée, les différences sur ce plan-là sont considérables. Par exemple, un Escargot terrestre (Petit gris) pond une cinquantaine d’oeufs de 2 mm de diamètre. Un Escargot de mer (Murex) de taille voisine, en pond plusieurs centaines beaucoup plus petits. Entre les animaux d’eau douce et d’eau salée, la différence existe aussi : chez les premiers, les oeufs sont moins nombreux et plus gros que chez les animaux marins (comparaison Truite Maquereau par exemple, qui pondent respectivement 4 000 et 800 000 oeufs en moyenne par kilo de femelles).
La dispersion des oeufs ou des larves, l’abondance des prédateurs, l’impossibilité la plupart du temps de surveiller les pontes expliquent ces différences. * Enfin les modes de reproduction manifestés par les animaux de l’étang sont extrêmement diversifiés. Bien souvent, même les espèces peuvent avoir plusieurs "solutions". La reproduction asexuée,c’est-à-dire ne faisant pas appel aux produits sexuels (ovules et spermatozoîdes) est largement répandue. Les Bryozoaires et certains Coelentérés emploient fréquemment le bourgeonnement, qui consiste à ce que les individus naissent les uns des autres sur la même colonie qui, ainsi s’accroît. Chez les Eponges, quand les conditions sont défavorables, une partie du corps se sépare et peut développer un nouvel organisme.
Beaucoup de Coelentérés coloniaux et fixés (Polypes) libèrent des formes Méduses (libres) qui peuvent alors émettre des produits sexuels qui donnent oeufs puis larves puis nouveaux Polypes.
La reproduction sexuée prend elle aussi plusieurs formes
L’hermaphrodisme est fréquent. Chaque individu est alors mâle et femelle. Il peut alors y avoir accouplement entre deux individus, puis dépôt d’amas d’oeufs, comme c’est le cas chez les Escargots de mer ou alors aucun accouplement, les animaux se libérant successivement dans l’eau des ovules puis des spermatozoîdes. Les Balanes, les Tuniciers, les Huîtres fonctionnent de cette manière.
La viviparité existe, chez l’Huître plate ("sauvage") notamment. Les produits sexuels sont émis dans le manteau de l’animal où a lieu la fécondation. Les larves sont expulsées après huit jours de développement. Bien souvent cependant, le fonctionnement est plus classique : les individus sont mâles ou femelles. L’accouplement, noté chez certains Crustacés (Crabes) et bien sûr chez les oiseaux,n’est pas la règle générale. La plupart du temps, les individus libèrent leurs produits sexuels dans l’eau et la fécondation est le seul fait du hasard (Moules, Palourdes) ou dans certains lieux propices (sous les cailloux) où les chances de fécondation sont plus grandes (poissons). Il faut aussi citer le cas extraordinaire des Syngnathes, poissons très communs de l’étang. Comme chez les Hippocampes, plusieurs femelles disposent leurs oeufs dans la poche ventrale d’un mâle qui les féconde au passage. Les oeufs sont maintenus dans une alvéole ayant le rôle du placenta. Le mâle expulse les jeunes après plusieurs semaines de gestation.
![]() Syngnathe mâle |
![]() Syngnathe femelle |
Enfin, en particulier chez les Crustacés planctoniques de petite taille (Artémia), existe la parthenogenèse. Les femelles donnent, sans intervention de mâles, des oeufs à développement rapide donnant d’autres individus qui pondent à leur tour, créant de véritables pullulations pendant la belle saison. Dans des conditions défavorables, des mâles apparaissent, s’accouplent avec des femelles qui pondent alors des oeufs à développement lent, ne donnant ultérieurement que des femelles reprenant le cycle parthenogénétique.
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