Les fonctions sociales
Les êtres vivants ont tous une organisation sociale précise. Le fait qu’ils vivent seuls ou en groupes, qu’ils fuient ou qu’ils recherchent la compagnie d’individus d’autres espèces est le résultat de leurs adaptations à certaines conditions de vie (protection, recherche de nourriture, modes d’alimentation ou de reproduction, migrations,...).
La sociabilité intraspécifique Tant au niveau des plantes que des animaux, on constate que les espèces de l’étang ont tendance ou non à vivre en société. Les Salicornes ou les Obiones des sansouires forment souvent des peuplements denses et étendus. Elles tendent à recouvrir tout l’espace favorable à leurs exigences. D’autres plantes, à l’opposé, préfèrent (ou sont contraints de) vivre isolées de leurs congénères (exemples de nombreuses algues comme le Codium ou l’Acetabularia ou de végétaux terrestres comme les Saladelles). Chez les animaux, la plus forte indèpendance que chez les végétaux vis-à-vis de conditions strictes du milieu, permet de mieux saisir encore les différents cas de figure. Les Crabes enragès, les Etoiles de mer, les Soles ou les Busards des Roseaux vivent la plupart du temps seuls. Au contraire, les Ciones, les Moules, les Balanes ou les Flamants sont sociaux.
Dans une étude de sociabilité, il est possible d’attribuer à chaque espece rencontrée un indice (de 1 a 5 par exemple selon une sociabilité croissante). En prenant une échelle plus réduite comme
1 : espece vivant isolément 2 : espêce vivant en petits groupes 3 : espèce vivant en grandes colonies, il est possible de comparer le fonctionnement, du point de vue sociabilité de différentes zones.

De là, une foule d’hypothèses peuvent être émises et faire l’objet des diverses études proposées par ailleurs dans la fiche, notamment pour déterminer la cause de ces comportements sociaux.
La sociabilité interspécifique
En dehors des relations classiques qui unissent les êtres vivants (prédation, concurrence), Il existe des processus plus complexes qui font que certaines espèces, souvent très différentes, manifestent le besoin de collaborer. Le commensalisme est le concept qui définit ces rapports entre deux espèces, chacune profitant de l’autre sans lui nuire. Il s’agit notamment d’utiliser pour l’un les restes de nourriture laissés par le premier.
L’étang offre quelques exemples extraordinaires de commensalisme. Ainsi, sur les coquilles vides de Mollusques dans lesquelles le Bernard l’Ermite (Pagurus striatus) vit, on remarque presque systématiquement une Anémone de mer, (Sagartia parasitica), et une Eponge (Suberites domuncula). Quand le Bernard l’Ermite change d’abri, il fait "déménager" l’Anémone jusqu’à sa nouvelle demeure. D’autres espèces de Bernard l’Ermite sont associées à d’autres Eponges ou d’autres Anémones ou même des Vers et parfois de manière exclusive, l’un n’étant jamais trouvé sans l’autre. Un autre exemple est donné par le Crabe, (Pinnotheres pisum), qui vit dans les Moules. Le parasitisme ne bénéficie, à l’inverse, qu’à un seul des deux protagonistes. Le parasite est fixé sur ou dans le corps même du parasité et parfois s’alimente directement de son hôte. La Sacculine, fréquente sous l’abdomen des Crabes est un parasite. De très nombreux autres cas de parasitisme existent dans l’étang et affectent beaucoup d’espèces-hôtes : Oiseaux, Poissons, Crustacés, Mollusques. Les parasites ont parfois des cycles vitaux complexes, qui se déroulent au détriment de plusieurs hôtes successifs. Ainsi, les Gammares peuvent être parasités (au niveau du système nerveux) par des Vers Trématodes. Le comportement des Gammares parasités est de ce fait perturbé. Au lieu de fuir au fond de l’eau en cas d’alerte (quand notamment certains oiseaux agitent l’eau), ils remontent en surface. Ils sont ainsi, plus régulièrement que leurs congénères non parasités, capturés par ces mêmes oiseaux, lesquels constituent les hôtes terminaux (c’est-à-dire le lieu de ponte) des parasites ! Les oeufs du parasite pondus dans le corps de l’oiseau sont évacués dans l’eau et donnent naissance à des larves qui rechercheront à nouveau des Gammares.
Exemple d’étude de fonctionnement d’une population : les crabes
Le Crabe enragé est une espèce commune de l’étang ; caractéristique des zones sableuses à faible épaisseur d’eau, elle se prête parfaitement à une étude de population.
Des carrés de 25 m de c6té délimités dans des milieux homogènes (sable, vase, rochers, herbiers, alguiers) sont systématiquement prospectés et tous les crabes récoltés.
On peut ainsi calculer des densités et déterminer les milieux les plus favorables températures, profondeur d’eau, etc, ...
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