Entre la vallée du Rhône et celle de l’Hérault, aux portes mêmes des cités, s’étend sur les plateaux calcaires une végétation particulière : les garrigues. Sur ces étendues, prédestinées géographiquement à devenir pastorales, le voyageur pressé ne voit peut-être que des espaces arides déserts et monotones... Ici la plante clame avec toute la force de ses feuilles et épines les péripéties de ses multiples luttes. Au paroxysme de la chaleur, le végétal accablé, entre en dormance, reflet de ces étés sans fin... Mais c’est dans le récit de ses conflits avec l’homme que l’aventure de la garrigue devient passionnante. Ceci n‘est pas un livre de Botanique, d’Archéologie ou d’Histoire. Ces pages relatent le plus simplement possible les événements, naturels d’abord, humains ensuite, qui se sont succédés et qui ont conduit, inexorablement, à l’apparition de ces paysages appelés Garrigues. Un chapitre est consacré d’abord au cadre dans lequel se déroule cette histoire. Les limites géographiques et les éléments physiques (climatiques et géologiques) indispensables pour comprendre la répartition des végétaux et celle des hommes seront évoqués. Dans une deuxième partie nous assisterons à rétablissement de la forêt naturelle de notre Languedoc. D’abord l’ancêtre, de type “tropical” puis, progressivement, celle qui couvrait, il y a 7 à 8 000 ans l’étendue de nos garrigues. Dans le troisième chapitre nous verrons apparaître un élément nouveau, terriblement efficace : l’homme. Les décors vont changer rapidement car la civilisation est en marche avec toutes ses crises. Le développement des activités humaines entraîne la dégradation de plus en plus marquée du couvert forestier. Enfin dans une quatrième partie, les aspects les plus typiques des garrigues seront décrits. Dans ces quelques pages révolution du couvert forestier et celle des hommes sont examinés ensemble. Roches, plantes et habitants forment, dans cette partie du Languedoc une unité bien singulière qui est le “pays des garrigues”. Il serait impensable de parler de celles-ci sans saluer les mémoires de Hervé Harant, Montpelliérain et Paul Marcellin, Nîmois. Ces deux savants unissaient à leur érudition un sens aigu de l’humain. Le profondeur et la beauté de leur esprit font d’eux des êtres exceptionnels. Puisse le lecteur, que la joie anime, se mettre en route, lui aussi, sur ces sentiers caillouteux, écrasés de lumière, bordés d’épines, dont le sauvage beauté et les inestimables richesses enchanteront le coeur.
Remerciements
C’est avec beaucoup de plaisir que je tiens, au début de ce petit ouvrage à remercier les personnes qui m’ont aidé par leurs conseils et leurs encouragements.
Que Monsieur Félix Villeneuve reçoive ici toute la reconnaissance d’un ancien élève.
Messieurs Joël Mathez (Institut de Botanique, Montpellier), Jean-Pierre Suc (laboratoire de Palynologie USTL Montpellier), Jean-Claude Bousquet (laboratoire de géologie USTL Montpellier) et Jean Marc Roger m’ont très cordialement apporté leur aide.
Monsieur Maurice Aliger a bien voulu, avec sa souriante simplicité coutumière, préfacer ces quelques pages. Je l’en remercie chaleureusement.
Il ne me reste plus qu’à murmurer à Abel Branchu combien je lui suis redevable pour les immenses richesses qu’il m’a fait découvrir au fond de la plus humble des corolles...
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