Pour qui aborde de nos jours l’extrémité orientale du Languedoc voit un “pays”. Nous savons que ce mot, un peu vague, recouvre une identité géographique dans laquelle éléments naturels et humains sont intimement mélangés. Nous avons vu dans cette partie bien précise du Languedoc que la roche, très souvent calcaire, formait des plateaux onduleux et que parfois, au gré des structures géologiques, des bassins marneux apparaissaient. Sur ce substrat, en définitive assez monotone, nous avons aussi vu comment notre végétation, au fil des âges, s’était progressivement installée. Mais un “pays” compte aussi des hommes. Le voyageur appréhende le paysage dans son ensemble. Roches, climat et végétaux forment le cadre dans lequel l’homme, espèce terriblement efficace, évolue. Dans ce chapitre, il va être question des tout premiers hommes qui ont foulé notre sol. Nous allons voir apparaître les diverses nappes humaines qui se sont succédées, leur habitat, leur mode de vie, leur action... Si le profane rencontre dans la garrigue, au cours d’une marche, la sérénité et la paix dans son dialogue avec la nature, le regard aigu du préhistorien décèle dans l’éclat d’un silex, d’un seul coup, tout le passé d’une communauté ardente à vivre. Mais que reste-t-il maintenant de ces regards éteints que le chercheur rencontre ? Civilisations disparues, écroulées, évanouies à jamais ? Ce n’est pas si simple. Ramassez, là, entre deux pierres de la colline, un outil, un silex que la chance vous propose. Serrez-le fortement. Poignée de main pathétique à cet homme ancien que les voiles du temps rendent indiscernable. Mais, faisant fi des siècles, pénétrez lentement dans l’esprit que la roche recèle. Et vous vous trouvez là placé entre ces deux hommes qu’en nous-mêmes hébergeons. D’abord l’homme qui cherche, qui découvre, qui fabrique, l’homme intellectuel, le technicien, oui, par ses astuces, tire sans cesse la Civilisation en avant. Mais il y a l’Autre, l’homme de cœur, l’homme moral, - honnête ou brigand ; brave ou lâche -, avec ses peurs, ses joies et ses espérances éternelles. Et c’est cet homme-là qui demeure toujours, notre contemporain.
Les premiers languedociens... Souvenez-vous de notre belle histoire... Peut-être la mémoire se perd à l’orée lointaine de notre vieux berceau. Souvenez-vous de cette grande vallée, de l’est africain. Souvenez-vous de la fameuse Lucy (Coppens Y. 1983), cette Australopithèque qui vivait il y a quelques trois millions d’années, sur ces immensités caillouteuses d’une maigre savane, dans des paysages de début de monde...
Puis, par enchaînement, par évolution, à d’autres Australopithèques ont succédé l’homo habilis et l’homo erectus (- 2,2 et 1,5 millions d’années). Le premier fabriquait des outils, comme son nom l’indique, et tenait en quelque sorte toute la technique future dans le creux de ses mains. Le second, bien debout - erectus - fut, pour notre bonheur, le grand marcheur de l’humanité. Et pendant de nombreuses générations, cet homme envahit peu à peu tout l’est africain et tout le sud de l’Eurasie. Cette longue marche correspondait, bien sûr, à la recherche d’une nourriture camée sous forme de troupeaux. Le chasseur gagne à investir sans cesse des lieux nouveaux riches en gibier. Mais cette longue marche correspond aussi à ce besoin profond de l’homme qui le pousse sans cesse à découvrir de nouveaux horizons. C’est cette curiosité sans limite qui est en quelque sorte le véritable moteur du genre humain. C’est ainsi, il y a très longtemps, que l’homo erectus apparut sur les bords du midi méditerranéen. Notre sol est avare en restes et en outils des hommes de cette nuit des temps. A Orgnac, quelques dents seulement (1 enfant et 1 adulte), c’est tout. Par contre, les indices (mais en plaine) de son industrie sont beaucoup plus nombreux : des dizaines de galets aménagés (chopper, chopping-tool, pebble-tool) en quartzite ont été trouvées sur les costières. A Garrigue (Générac), au Mas Méjanelles (Caissargues) et Vestric et Candiac. Tout ceci datant de - 1 million à - 750000 ans.
Si les garrigues ne recèlent jusqu’ici aucune trace de ces tout premiers hommes, par contre, entre - 700.000 et - 120 000 ans (Paléolithique inférieur) le préhistorien connaît de nombreuses stations dans les limites de notre « pays ». Au Cros de Peyrolles (Allègre et Rivière, rive de l’Auzon affluent de la Cèze), au mas de Sérignargues (Saint-Privat-de-Champclos), à Fontarèche (bassin de la Tave), on a trouvé de nombreux bifaces et racloirs. La vallée du Gardon était également habitée : terrasse de l’Usine (près de la Bégude de Vers), Terrasse de Fournès et à Saint-Hippolyte-de-Montaigu (rive du Coucouyon affluent du Gardon) nous trouvons toujours les mêmes industries (bifaces, racloirs) de ces homo erectus.
A partir de remplacement, de l’âge et du nombre d’objets fabriqués par ces premiers languedociens, nous sentons que, peu à peu, une occupation de plus en plus dense se met en place dans nos régions. Les vallées fameuses de la Cèze et surtout celle du Gardon, deviennent des points de vie, des lieux privilégiés. Plusieurs facteurs convergent à attirer en ces points le voyageur. L’eau d’abord : source de toute vie, liquide indispensable. Puis, abri relatif, au soleil de ces grands rochers calcaires, en deçà du plateau venteux et hostile (n’oublions pas que nous sommes ici contemporains des froids quaternaires). Ensuite la pénétration d’une vallée est relativement facile par rapport aux forêts des plateaux. Enfin le gibier. Ces hommes sont des chasseurs. Et la vallée offre à l’animal les mêmes avantages qu’elle en offre aux humains. La vallée est à un carrefour de « niches écologiques ». De nombreux animaux en effet aiment se situer au point de rencontre de plusieurs milieux. Ils augmentent ainsi leur chance de trouver une nourriture plus abondante et l’homme-chasseur se place aussi à ces endroits propices.
Il y a chez ce “primitif” une adaptation étroite à la nature. Celle-ci impose des contraintes, le froid surtout. Mais elle a aussi ses atouts et c’est ce qui rend la vie possible, la vie qui, pour ces hommes, était de s’adapter comme ils l’ont toujours fait, au mieux, entre les deux pôles éternels du bon et du mauvais.
D’habiles chasseurs Entre - 80 000 et - 35 000 ans apparaît dans le Languedoc un épisode extrêmement curieux de notre histoire. Il s’agit d’une nappe humaine, tout à fait différente de celle de “l’homo erectus” qui la précède et de la nôtre, qui la suit immédiatement. C’est la civilisation de l’homme de Néanderthal. Celle-ci est bien connue. C’est même une des premières qui a été découverte et étudiée par les préhistoriens au siècle dernier. Tout ici est curieux. C’est, d’abord sa répartition. Seule une partie du monde héberge cette forme : de l’extrémité de l’Allemagne au nord, à Jérusalem au sud, du Portugal à l’ouest, à l’Ouzbekistan (Asie Centrale) à l’est. Le Languedoc et le sud de l’Allemagne sont très riches en restes et en industrie de ces hommes. C’est ensuite leur aspect même : crâne aux pommettes saillantes, front bas, à l’arrière, un chignon. Leur taille aussi : plus petits, plus râblés, plus robustes que nous le sommes. On a retrouvé les restes de leurs corps en deux endroits seulement. Celui de Macassargues (grotte de la verrerie près de Montmirat - Gard) a donné quelques ossements. Mais c’est vers l’Hortus (commune de Valflaunès, au nord du pic Saint-Loup) qu’il faut tourner nos regards. Dans ces lieux, habitaient temporairement d’infatigables chasseurs. Des restes de 20 à 36 individus ont été découverts (De Lumley 1976). Leurs os étaient mélangés, toujours brisés, à ceux de bouquetins et à des déchets culinaires. On parle même de cannibalisme rituel. Mais ce qu’il ressort de cette étude c’est que le Néanderthalien de l’Hortus se déplaçait à des dates précises en relation avec les périodes de reproduction des troupeaux de bouquetins. Ces hommes revenaient l’année suivante en ces mêmes lieux, vers la fin de l’hiver. Si l’on examine maintenant la répartition de l’industrie (racloirs - tranchoirs - outils divers) trouvée dans nos régions, nous pouvons y distinguer deux habitats différents et dans le temps et dans l’espace. D’abord, au début de l’occupation (Wùrmien 1 de - 80 000 à - 55 000 ans environ), le climat humide et relativement doux, permet l’installation des chasseurs dans des habitats de plein air, sorte de campements situés près des rivières, près des surplombs rocheux, dans l’ambiance de la chênaie méditerranéenne de type montagnard. Tels sont les gisements du Cros de Peyrolles (Allègre et Rivière, Gard), du Mas d’Espanet (près de Saint-Mamert, Gard), surtout celui de Fontarêche (Gard). C’étaient des installations légères : tentes en peaux ou huttes de branchages.
Puis un froid sec se met en place, la forêt fait place à la steppe. Notre pays s’installe progressivement dans une phase plus rigoureuse (Wûrmien II de - 55 000 à - 35 000 ans). Les campements précaires précédents sont progressivement abandonnés au profit de grottes ou d’abris sous roche.
C’est ainsi que le Languedoc oriental possède de nombreuses cavernes riches en outils de ces chasseurs (racloirs, éclats, etc). Nous retrouvons, en tête, le “complexe de l’Hortus”, la grotte du salpêtre de Pompignan (10 km au nord de l’Hortus). la grotte de la Roquette (à Conqueyrac - Gard), celle, connue des Nîmois, au nom bien de chez nous : l’Esquicho Grapaou (c’est-à-dire de l’écrase crapaud) à Sainte-Anastasie (Gard). Toujours sur le Gardon, rive gauche, la non moins connue grotte Saint Vérédème (Sanilhac - Gard). Et pour en finir avec cette fameuse rivière gardoise, la grotte de la Balauzière (Vers - Gard) termine la liste des cavités habitées il y a 40 000 ans environ par cette fascinante civilisation.
Fascinante car c’est la première fois, ici, que d’habiles chasseurs se partagent de véritables territoires de chasse avec un centre principal, et tout autour, des sortes d’habitats secondaires (Cas de la Vaunage. Aliger M. 1976) (comme le font actuellement divers groupes ethniques). Les bêtes abattues étaient dépecées soit en plein air, soit dans les grottes citées. Les amoncellements d’os, dans ces lieux sont impressionnants.
Le Néanderthalien vivait dans des zones au contact de plusieurs niches écologiques. Les escarpements rocheux étaient riches en bouquetins. La forêt abondait en cerfs, loups, ours, lynx, rennes, tandis que les chevaux se profilaient dans des découverts, en zones clairiérées. La chasse était organisée suivant les cycles biologiques des espèces, suivant les saisons et d’habiles chasseurs ces hommes devenaient d’habiles anatomistes, aptes à dépecer, à désincarner proprement, au racloir de silex, les bêtes abattues. La rude journée se prolongeait alors, au sein des grottes, à la lueur des feux de bois... Fascinante cette civilisation qui a fait éclore des rituels, des mythes et certainement posé pour la première fois le problème aigu de la mort. L’homme désormais enterre son semblable. Fascinante cette civilisation car, paradoxalement, au faîte d’une réussite sans conteste, elle disparaît brusquement vers - 35 000 ans, totalement remplacée par les hommes de notre espèce...
Nos premiers représentants L’événement majeur de la fin des périodes froides est l’apparition de notre espèce. En effet si l’homme de Néânderthal est un “Homo sapiens” au sens biologique, il forme un groupe à part, bien marquée dans son aspect extérieur, son industrie, son psychisme. Les préhistoriens lui donnent donc le nom d’« Homo sapiens neanderthalensis ». Par contre, vers - 35 000 ans avant notre ère, l’Europe va être progressivement envahie par la dernière nappe humaine connue, la nôtre, celle de l’“Homo sapiens sapiens”, c’est-à-dire l’homme qui sait, l’homme sage (et ceci deux fois, on croit rêver...).
A part les restes très incomplets d’un enfant à la grotte du Figuier (Ardèche), le Languedoc oriental n’a fourni, à ce jour, aucun matériel osseux de ces hommes. Par contre, comme précédemment la vallée du Gardon, toujours elle, renferme, dans ses cavités, l’industrie et la trace de ce que l’on peut appeler maintenant, nos aïeux. Nous retrouverons ici le nom de la grotte de l’Esquicho-Grapaou (Sainte Anastasie - Gard) qui a livré (Bazile 1976) des outils de ces hommes. D’autres stations sont connues. La grotte déjà citée de Saint Vérédème et l’abri-sous-roche de la Lauze (toutes deux à Sanilhac - Gard) ; la fameuse grotte de Pâques de Collias (Gard) et celle de la Balauzière (Vers - Gard), par exemple. Mais c’est surtout la grotte de la Salpêtrière, très peu en aval du Pont du Gard, rive droite, qui a montré le plus beau campement de ces Languedociens. Celui-ci était situé sous le grand porche (trous de piquets, foyers et nombreux outils témoignent de la présence et de l’activité de ces occupants). Un autre campement a été découvert, tout près de là, à Cadenet (Gaujac - Gard).
Ce qui apparaît maintenant, d’après l’étude du matériel employé et des restes culinaires des hommes de cette époque, c’est que toujours la nourriture carnée, la chasse donc, reste la préoccupation majeure. Comment pouvait-il en être autrement ? N’oublions pas que le climat est froid. Nous sommes toujours plongés dans cette fameuse glaciation du Wùrm. Mais de nombreuses périodes plus ou moins prolongées deviennent climatiquement humides et tempérées (interstades Peyrards, Quinson, Arcy...). Alors il pleut à torrent, les eaux vident le contenu des grottes, de nombreuses coulées boueuses envahissent les replats. Ces “lessivages” expliquent pourquoi nous sommes si pauvres en témoins archéologiques de cette époque.
Que font ces hommes dans nos vallées ? Ils chassent. Comme ils l’ont toujours fait. Comme le faisaient le Néanderthal et, plus loin, l’erectus. Mais leur stratégie s’affine. L’erectus, lui, chassait de très grosses pièces : l’éléphant par exemple. Pour venir à bout d’un tel gibier il faut être nombreux. De la stratégie est nécessaire. De l’entente et une concertation sont obligatoires. D’où resserrement des liens sociaux dans une communauté de chasseurs. Que faire pour gagner sa proie ? se grouper, s’entendre, agir de concert, être complice. Et ces mots désignent les qualités d’une société. La socialisation est passée par le statut du chasseur. Le Néanderthalien, lui, commence à choisir ses proies. Nous l’avons vu se “spécialiser” plutôt dans la chasse au bouquetin. Mais chez cet Homo sapiens sapiens des armes plus performantes sont employées : pointes à cran, sagaïes, et une arme de jet extraordinaire : le propulseur. Le filet est sous-entendu mais jamais encore attesté ; l’épieu était employé pour les jeunes animaux. L’esprit de la chasse évolue : on s’attaque maintenant à des proies moins grosses et surtout moins dangereuses : cerf, bouquetin, chamois, antilope saïga. Dans notre midi, cette glaciation du Wùrm voit se développer une espèce d’herbivore bien connue : le Renne. C’est véritablement “l’Age du Renne”. Comme cet animal, bien à l’aise dans ce climat, est présent toute l’année, il est la cible favorite et parfois pratiquement la seule espèce chassée par nos aïeux languedociens. Un autre type de prédation se développe dans ces derniers temps glaciaires : celui de la pêche. De nombreux harpons témoignent de cette activité. A la Salpêtrière près du Gardon. A la grotte de La Roque à Ganges, en bordure de l’Hérault... Les brochets, anguilles, gardons, s’ajoutaient au menu de ces fameux chasseurs.
Que dire de l’impact de tous ces premiers languedociens, erectus, Néanderthal, et sapiens, sur notre environnement ? Aucun, la population était démographiquement trop pauvre. L’équilibre naturel : forêt - herbivores - carnivores n’était pratiquement pas entamé par Faction de ces hommes du quaternaire froid. Et malgré les dures conditions climatiques, les dangers certains d’une chasse obligatoire, ces hommes-là ont gravi lentement les étapes d’une dynamique civilisatrice. Souvenez-vous de la socialisation poussée des premiers chasseurs de fauves, souvenez-vous des rites, des mythes, des premières sépultures du Néanderthal. Maintenant, si le cœur vous en dit, prenez le chemin de notre belle vallée Gardoise et pénétrez (s’informer au muséum de Nîmes) dans la Baume Latrone (ou la grotte Bayol à Collias). Au fond de la caverne, dans l’intimité des roches qui se rappellent, laissez errer vos yeux, doucement, sur la paroi. Regardez, pendant qu’elles existent encore, les peintures ocrées. Suivez du regard l’agilité des doigts, pinceau de l’artiste. Et le bestiaire lentement apparaît. Le trait, le trait ancien certes, mais qui d’un instant n’a vieilli, marque là, au fond d’une grotte obscure, et pour la première fois dans l’univers, l’esprit. Et ce trait, c’est l’œuvre de nos Pères.
L’âge d’or de nos forêts Nous avons vu, dans le chapitre consacré à la Botanique, comment, à la faveur du réchauffement, la forêt méditerranéenne s’était installée peu à peu dans nos régions. Mais que devient le facteur humain ? L’homme a aussi vécu ce changement. Alors, dans cette période de transition (entre le froid et le début du climat tempéré) qui s’installe et dure, en gros de - 8.500 à - 5.500 (périodes dites du Pré-Boréal et du Boréal), nos ancêtres s’adaptent. Les hommes contemporains de ce changement climatique sont dits “Mésolithiques” étymologiquement : meso = au milieu, c’est-à-dire entre le Paléolithique qui se termine et le stade ultérieur, le Néolithique.
L’homme s’adapte comme il l’a toujours fait. Nous avons une immense, une extraordinaire, faculté d’adaptation. Et nos ancêtres, beaucoup plus à l’aise dans ce climat nouveau qui devient accueillant, se comportaient toujours en véritables... écologistes ! Ils vont prélever des fruits dont la forêt est maintenant prodigue : noisettes, glands, cerises, arbouses. Ils chassent comme leurs aïeux, avec des arcs, les grands herbivores : bœufs sauvages, cerfs, sangliers. Ils pêchent, mais ils prélèvent dans la nature juste ce qu’il leur faut.
Cet homme du mésolithique est en parfait équilibre avec son milieu. Les analyses botaniques ne décèlent pour ces périodes aucune altération du couvert végétal. Mais déjà, des indices archéologiques donnent à penser que ces ancêtres pratiquaient une chasse sélective, les animaux abattus étaient soigneusement choisis... Ces hommes consommaient aussi des plantes sélectionnées : lentilles, vesces, jarosses. Sommes-nous en présence, en ces temps reculés, d’une sorte de “proto-élevage” et d’une « proto-agriculture » ? Très rapidement aussi ces hommes-là commencent à faire des réserves, à stocker, dans cette période protonéolithique (Testait A. 1979).
Au moment même où cette forêt méditerranéenne apparaissait et se développait, elle vivait, en quelque sorte, ses derniers siècles d’or...
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